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 MUSIC and RUBBISH : Long Player Late Blogger

Ici des chroniques écrites par Lester (Serge) et Bangs (Jess). Présentations faites, passons au contenu : ce blog est destiné à faire partager des disques, récents comme oubliés, (connus par 3,52% de la population mondiale et par toi!). Parlons enfin Rock'n'roll, sans répit ni compromis. Sortez vinyles et tee shirt de fans, trainez en calbute, buvez bières & coca: Starting Over!

FILM : SEARCHING FOR SUGAR MAN - 26/12/2012

Publié le 13 Janvier 2013 par Lester&Bangs in News

 

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      SUGAR MAN REALISE PAR MALIK BENDJELLOUL

(PARIS : Cinéma le St-Germain-Des-Prés)

 


Avec Rodriguez, on est dans le domaine de l'excavation, quasi archéologique, et on ne peut que se battre comme plâtre d'avoir raté cette rencontre musicale il y a 40 ans, même si pour une fois nous sommes absous du péché d'inculture pour cause de faille géologique, l'explication de texte étant à découvrir dans  Sugar Man.

Tous les grands albums qui jalonnent nos vies personnelles, qui font corps, comme vascularisés en nous, ont une histoire indélébile.

Cold Fact de Sixto Rodriguez n'échappe pas à la règle.

Il est entré dans ma vie un soir de Noël 2008, posé sur la platine par une main experte, celle de ma fille et soudain, etc..etc..

L'histoire de Sixto Rodriguez, elle, n'est pas un cadeau, même contée avec pudeur dans ce documentaire touchant et limpide, où le héros, s'il est dévoilé après une si longue traque, ne s'expose pas ou si peu.

Silhouette de noir vêtue évoluant d'un pas hésitant sur un chemin neigeux, tout un symbole, sera la seule exhibition au programme .

En outre, ô qualité suprême, en plus de n'être ni élitiste ni exhibitionniste, Sugar Man  n'a rien de passéiste.

Pas nostalgique pour un sous, il est, paradoxalement, encore moins anachronique qu'on pourrait le penser, et ce même et surtout pour les kids qui n ont pas connu cette époque.

Bien au contraire !

Si l'underground fut un art de vivre, dans les 70's, avec son lot de DCD et de laissés pour compte, aujourd'hui vivre reste un art pour ces kids stagiaires avec leur lot de consolation en forme de CDD.

Preuve que l'injustice n'a pas d'âge, s'insinue partout, tout le temps.

Preuve aussi que le Think Tank des décideurs en tout genre débouche toujours sur le même concept depuis la nuit des temps, faire du profit à n'importe quel prix, et qu'il en va de l'art comme du reste .

Rodriguez en a fait les frais au début des années 70, et a pris perpète.

Hier maisons de disque aux méthodes mafieuses, aujourd'hui mondialisation et désert culturel qui font bon ménage .

Résultat, au fin fond de la planète on connait Obama mais on ne sait pas où est Los Angeles...et la mesure étalon devient le nombre de vues sur YouTube du premier pignouf qui passe.

Bref.

Voilà pourquoi, aussi anecdotique que cela puisse statistiquement paraître, aller voir Sugar Man aujourd hui, en plus de n'être nullement réservé aux fondus de musique, est un acte politique fondamental, plus fort qu'une mascarade électorale.

Je ne parle pas de luttes militantes façon 60's, comme celles évoquées dans les chansons de Rodriguez, mais d'un besoin viscéral clairement affiché : remettre de la matière au cœur de l'humain et l'humain au cœur de la musique, puisque c'est le sujet qui nous occupe et le jaillissement que provoque en nous ce documentaire.

Car la tragique injustice Rodriguez, si elle est aujourd'hui reconnue, n'en est pas pour autant réparée : seulement 3 salles en France projettent ce film....L'horreur continue donc. Inexorablement.

Aussi absurde qu'un comique qui refuserait d'être ridicule, disons, pour ne pas tomber dans l'outrance, que la culture, ressemble de plus en plus à de la confiture...et le cinéma à un chapiteau clinquant abritant un clown alcoolique, vieux "jaune et sale" condamné à faire le même numéro indéfiniment.

 

Mais finalement Sugar Man nous touche d'abord et avant tout pour les vraies bonnes raisons, simplement parce que la musique est bonne.

Il nous reste donc deux albums, en tout et pour tout, Cold Fact et Coming From Reality, à aimer pour l'éternité, et si peu de temps pour en profiter.

 

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( Sorti le 26 décembre en France dans seulement trois salles, Sugar Man a  attiré 7000 spectateurs lors de sa première semaine de projection, si bien que le distributeur a décidé d'étendre sa programmation à d'autres villes. Jeudi, le film a été nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleur documentaire.

Hier les billets du concert de Rodriguez pour le 5 juin à La Cigale ont été vendu dans la foulée. Il est annoncé un Zénith. )

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