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 MUSIC and RUBBISH : Long Player Late Blogger

Ici des chroniques écrites par Lester (Serge) et Bangs (Jess). Présentations faites, passons au contenu : ce blog est destiné à faire partager des disques, récents comme oubliés, (connus par 3,52% de la population mondiale et par toi!). Parlons enfin Rock'n'roll, sans répit ni compromis. Sortez vinyles et tee shirt de fans, trainez en calbute, buvez bières & coca: Starting Over!

GUY SKORNIK - HISTOIRES D'AMOUR - 1974

Publié le 23 Novembre 2013 par Lester&Bangs in Disques

 

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Guy Skornik ‎– Histoires D'Amour 
 Philips ‎6325 093 - Vinyl, LP, Album 1974

Précoce, Guy Skornik commence à apprendre le piano à l’age de 5 ans. Un parcours très classique consacré par plusieurs prix au Conservatoire National supérieur de musique de Paris en piano, harmonie et composition semblent le destiner à une carrière toute tracée dans la musique classique.

Cependant, pour se distraire, Guy bricole déjà entre ses gammes des titres plus légers aux textes poetico-déments. En goguette chez Beuscher (librairie musicale du boulevard Beaumarchais toujours en activité), il interprète quelques-uns de ses titres sur un piano d’exposition. Paul Beuscher, séduit par la singularité de ses compositions, fait enregistrer à Guy des démos qu’il fait suivre à son ami Richard Bennett (encore lui ! Souvenez-vous« j’aime ou j’emmerde »), alors directeur artistique chez Polydor.

Richard est enthousiaste et signe Guy Skornik pour un EP (1966). Le disque ne fonctionne pas très bien commercialement, mais décroche le Prix de la Critique à la Rose d’or d’Antibes (sorte de prix Constantin de l’époque). Fort de cette récompense, Richard donne l’opportunité à Guy d’enregistrer un nouveau 45t avec notamment le titre « Hippy aime le monde (mais le monde n’aime pas hippy) » aux arrangements orientalisants. Le disque reçoit un bon accueil dans les milieux “branchés” parisiens, et chez Europe 1 qui par l’entremise de sa programmatrice Arlette Tabart, bastonne le titre sur les ondes. Les ventes ne décolleront pas malgré tout.

Richard Bennett, qui multiplie les projets jugés farfelus aux yeux de sa direction, n’est plus en odeur de sainteté chez Polydor qui décide de le licencier. Privé du soutien de son ami, Guy devient plus ou moins indésirable, et un terme est rapidement mis à son contrat.

Avant son licenciement, Richard Bennett avait présenté Guy à Pierre Bourgoin, patron de Pathé Marconi (1969). Ce dernier séduit par l’univers de Guy accepte de prendre le relais et l’engage. Un premier album « Pour Pauwels », en forme d’hommage à l’auteur de l’ouvrage sur l’ésotérisme Le Matin des magiciens voit ainsi le jour (1969). L’album reprend les grands thèmes et les idées avancées dans l’oeuvre de Louis Pauwels et Jacques Bergier. En terme de couleur musicale, nous sommes alors assez proche artistiquement du premier album de Gérard Manset « La mort d’Orion ».

S’ensuit dans la foulée le projet POPERA COSMIC en collaboration avec William Sheller : BO du spectacle très avant-gardiste de François Wertheimer, allégorie hallucinée sur la religion et l’attente d’un nouveau messie qui ne verra pourtant jamais le jour faute d’investisseurs suffisants. Ne reste qu’un disque étrange et délirant.

En parallèle à la sortie de ses disques, Guy commence en 1969 à travailler pour la télévision notamment avec le réalisateur Jean Kerchbron, pour lequel Il compose la musique d’une comédie musicale spéciale pour noël « Une nuit à Paris ».

En 1971, Guy écrit « IL » pour Gérard Lenorman qui devient le tube que l’on sait et lance sa carrière. Dans la foulée, Il compose deux tubes de Michel Delpech “62 nos quinze ans” (450 000ex) et « Les aveux » (650 000 ex).

Désormais chez Philips, il sort son deuxième album “Histoire de Fous” en 1973 et  ”Histoires d’Amour” en 1974. Ces disques marchent peu en France mais ont un succès au Québec où il s’en écoule 50 000 exemplaires.

Ses droits d’auteur lui permettant de voir venir, il décide alors de partir dans le nord de l’Inde pour rencontrer les lamas tibétains. A son retour, il compose l’album “Namasté” (1976).

Féru d’ésotérisme et de New age, Guy deviendra ensuite chroniqueur pour l’émission « Un sur Cinq »  sur Antenne 2 en 1976 ,qu’il co-présente avec Didier de Plaige. L’émission qui s’adresse aux ados traite des phénomènes surnaturels, de la médecine douce et de toute forme d’ésotérisme. Il co-anime également avec Didier de Plaige et Jean-Louis Foulquier des quotidiennes sur France Inter en 1978 et en 1979, sur les mêmes thématiques.

En 1979 ,il compose l’album “Ils viennent du Futur” .

En 1980, il crée la radio pirate ICI ET MAINTENANT avec sa compagne Zab et son ancien comparse de télévision Didier de Plaige. Cette radio expérimentale, et sans grille de programmes, est ouverte librement aux auditeurs qui peuvent apporter en direct leurs contributions, et diffuser leurs propres disques. Pourtant pionnière dans son genre, La loi de 81 sur les radios libres n’entérine pas l‘autorisation de diffusion pour ICI ET MAINTENANT, qui reste illégale. S’ensuit une grève de la faim de Guy et Didier de Plaige très médiatisée qui leur permettra d’obtenir au forceps l’autorisation d’émettre. En 83, Guy et Zab abandonnent la radio,suite à des problèmes de financement et une certaine lassitude due aux dérives répétées d’auditeurs indésirables venant faire de la provocation sur les ondes . (Radio Ici et Maintenant existe toujours sur la bande FM parisienne).

Par la suite, Guy et Zab équipent leur home-studio et composent pour la télévision, des téléfilms, films d’animation, documentaires etc…

En 1991, ils créent le premier habillage musical de la toute jeune chaîne culturelle : ARTE et depuis 2000 ils composent des disques d’illustrations sonores, édités par Koka Média et Cézame et utilisés par les professionnels de l’image en Europe, aux Etats Unis et au Japon. ( source Born Bad Records )

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